La fin des ouvriers ?

Ce titre accrocheur m’a interpellé dernièrement. Il fait référence à la désindustrialisation du monde occidental dû, comme on le sait, à la quête de meilleures marges par les oligarchies dominantes par l’externalisation de la production dans les pays à la main d’œuvre bon marché, mais aussi par la capacité des machines, couplée à la puissance du marketing pour imposer des modèles standards fabriqués à la chaîne plutôt que des réalisation artisanales nécessitant un savoir faire humain.Un des ministres de la France se bat ou fait semblant de se battre pour combattre cette fin annoncée des ouvriers. D’autres ministres ou notables du même gouvernement et du même parti, baignés, disent-ils, dans la mondialisation, prônent l’abandon de ce qu’ils considèrent comme dépassé (maintenir l’emploi industriel) pour se tourner vers la recherche, les nouvelles technologies…

Au-delà de savoir qui a tort et qui a raison, que faire de nos ouvriers ?

Maintenir à tout prix les emplois industriels ? Former les ouvriers vers la recherche et les nouvelles technologies ? Les mettre au chômage ?

Trois fausses réponses marquées, la première, par l’excès, le passage en force, la deuxième, par l’utopie et le cynisme, la troisième par la passivité et l’indifférence. Tout le monde sait bien que ces solutions n’en sont pas, y compris les ouvriers.

Pour les ouvriers, il s’agit d’oser une réforme beaucoup plus audacieuse. Une réforme qui ne tienne pas seulement compte des conditions de vie des ouvriers, mais des besoins vitaux qui pointent à l’horizon pour l’ensemble de la société : agroécologie, désengorgement des villes et des banlieues, tissage de liens sociaux et de liens avec la nature permettant la mise en place d’un nouveau modèle de vie. Il s’agit donc d’une solution globale et complexe nécessitant bien plus d’un quinquennat pour être mise en place. Une solution où les ouvriers deviendraient, (re)deviendraient des artisans et des agriculteurs non pas comme au début du XX° siècle mais, avec l’apport de l’agroécologie, des pionniers heureux, où la science et les savoirs faire traditionnels seraient en symbiose.

Pour un pays comme la France, il s’agirait de transférer en une génération (20 ans), 10 millions de personnes dans 30000 villages (333 personnes en moyenne par village). Ces 333 personnes ne seraient pas seulement les ouvriers et leurs familles mais des médecins, des enseignants, des commerçants, des ingénieurs et techniciens agronomes, des bâtisseurs écologiques, des artistes… Ne me demandez pas d’où je tiens ces chiffres, c’est le pif qui me guide et une certaine logique…

On s’appuierait les premières années sur les villages moteurs pour tenter ce genre d’expérience et mettre en place cette nouvelle façon de réinvestir les campagnes. En commençant petit mais sans tarder, on pourrait après sept ans, dresser un bilan des bonnes et moins bonnes orientations et lancer le retour au rural à une autre échelle. Pour que la mayonnaise prenne, j’imagine qu’il faudra dès le début envisager des monnaies locales, une TVA adaptée, l’aide aux logements pour les propriétaires comme les locataires, un impôt soft… Vous pensez que nos millions d’ouvriers ne seraient pas motivés et plein d’espoir si on leur propose un tel changement ? Vous ne pensez pas qu’en les mettant à la tête d’un grand changement de paradigme, ils retrouveraient leur fierté et dignité et peut être en retour, la même chose pour vous, vous, les rares politiques qui auront osé les soutenir et les accompagner.

La France et son système centraliste ne facilitent pas une telle réforme sauf si à la tête il y a les bonnes personnes. De mon côté, je pourrais suggérer Martin Hirsh ou/et Jean Paul Delevoye pour piloter un tel projet. Je ne les connais pas personnellement, mais leurs parcours et leurs engagements parlent pour eux. Il y a bien sur d’énormes obstacles à une telle réforme, cela va à l’encontre du monde techno-marchand porté par les multinationales et les oligarchies qui ont le pouvoir. Parmi les 90000 personnes du collectif Roosevelt, y a t-il quelques maires de villages qui pourraient envisager d’engager un test dans le sens de cette réforme ???

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