Un projet de vie

En ce début du XXI° siècle, constatant que nous vivons l’enjeu d’un « triple changement » :

–       Changement d’ère, besoin d’une humanité plus humaine;

–      Changement d’aire, les problèmes qui se posent sont à résoudre à l’échelle planétaire et locale;

–       Changement d’air, les questions d’écologie, d’environnement et de rapport à la nature nous amènent à nous ré enraciner dans nos terroirs locaux avec ses lois et ses rapports au temps .

L’anthropolitique en tant que processus d’accompagnement et pour s’adapter aux enjeux du triple changement propose un projet de vie :

Ce projet de vie concerne deux populations aujourd’hui séparées : les citadins et les ruraux. Il s’agirait de créer un double mouvement pour s’orienter dans un changement d’ère et qu’une greffe prenne :

Un premier mouvement venant de citadins faisant l’effort de changer leur mode de vie de l’intérieur (il s’agit fondamentalement d’oser la quête d’équilibre entre vie prosaïque et vie poétique) et investissant du temps et des moyens dans la formalisation de projets éco-ruraux.  Dans ce changement de vie, il est d’abord capital que chacun trouve, retrouve, sa part poétique, son « don » naturel.

Un deuxième mouvement venant d’agriculteurs et d’hommes de la terre capable de renouer avec leur générosité naturelle pour accueillir ces citadins et capable de retrouver la patience qui les caractérisait pour former les citadins à la campagne et aider à les ré enraciner dans un terroir. Ce sont ces hommes de la terre qui sauront faire germer les graines citadines. Ils auront eux aussi à apprendre et à reconnaître qu’ils ont perdu leur artisanat et leur folklore et donc leur fertilité culturelle. Ils ont besoin de la greffe des citadins, ils ont eux aussi à réapprendre.

Pour que la greffe prenne pour un scénario de vie viable dans le futur, l’anthropolitique propose une démarche en trois étapes préliminaires :

1/ Un examen de conscience

2/ Se préparer à un changement de vie

3/ Formaliser l’orientation de changements de vie en projets concrets.

Première étape, un examen de conscience : pour les citadins comme pour les ruraux, cela consisterait grâce à des rencontres, des échanges, des lectures et un temps conséquents de réflexion personnelle, à comprendre que notre mode de vie et ses moteurs ne sont plus viables et étouffent les vrais moteurs de vie tant au niveau collectif qu’individuel. Pour les agriculteurs et habitants des campagnes, il faudrait particulièrement arrêter de voir les nouveaux venus sur leurs terres comme des étrangers ou des personnes à plumer. En d’autre terme, sortir de l’indifférence ou/et d’un rapport intéressé envers les citadins.

Après la compréhension de sa propre situation et celle du monde, il faudrait passer à l’acceptation : l’acceptation qu’on est accroché, addict (pour reprendre un terme à la mode) à des choses futiles, mercantiles et superficielles. L’acceptation qu’on est d’une certaine façon pollué, pas seulement physiquement mais psychiquement et mentalement du mode de vie ambiant, d’habitudes dégradantes qui alourdissent et désensibilisent à ce qui est subtil, poétique et fraternel.

Pour ces deux phases d’examen de conscience passant par la compréhension et l’acceptation, l’entraide avec des échanges tendant vers toujours plus de sincérité nous semble la clé pour que les rencontres avec soi-même ne se soldent pas par un abandon face à la tache que représente ces changements intérieurs. C’est là que des activités en rapport avec les changements d’aire (résoudre des problèmes à l’échelle du monde à travers des actions d’ONG par exemple) ou d’air (actions écologiques, actions d’entraides, travail avec des agriculteurs et des ruraux) sont particulièrement appropriés pour rencontrer des personnes partageant ce type d’aspiration et certainement plus aptes à vivre les échanges préfigurant un changement d’ère.

La deuxième étape serait de commencer à agir dans le sens de ce qu’a fait émerger l’examen de conscience, essentiellement la préparation à un changement de vie

Pour amorcer un changement de vie, en règle générale cela demande du temps. La table rase est rarement adaptée et peu conforme au changement d’ère qui demande de semer des graines et comme le jardinier, les arroser patiemment, entretenir ce jardin. Le spectaculaire n’est pas de mise dans cette étape. On pourrait penser que les ruraux sont mieux lotis pour cette étape,ce n’est pas sûr. Il y a trop longtemps que la plupart ne respectent plus la nature et ses cycles. Eux aussi auront à prendre sur eux et ré expérimenter la patience et l’amour des belles choses et bien faites. Il ne s’agit pas d’un retour à la campagne de la fin du XIX° siècle et la vie qui va avec, ce serait alors en partie un échec. Cette deuxième étape serait plutôt une phase féconde et expérimentale d’essais et partages pour que le meilleur du monde moderne se mette au service du vivant et de la nature et que ce qu’il reste des racines et terroirs, alimentent l’imaginaire des citadins. Il s’agit d’obtenir une symbiose, à titre expérimental, entre ce que peuvent s’apporter mutuellement les citadins et les ruraux.

Enfin la troisième étape préliminaire serait de formaliser ces changements de vie en projets concrets tant au niveau individuel que collectif. En effet, quand les citadins et les ruraux auront appris à se connaître et s’apprécier dans leurs différences, quand leurs finalités seront claires et partagées, alors pourront naître quelques réels essais de nouveaux villages, voir un seul. Ce qui comptera avant de lancer les choses à une plus grande échelle (un réseau de nouveaux villages), c’est d’avoir pu cumuler des expériences sur ce qui est valable et moins valable et éviter des erreurs et des impasses à répétition qui pourraient faire mourir le projet prématurément.

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