Archives mensuelles : juin 2011

C’est maintenant… Vous, président…

En effet Monsieur Hollande, c’est maintenant. C’est maintenant ou jamais.Pas pour maintenir le système coûte que coûte en espérant « généreusement» en f

aire profiter un peu plus de monde qu’actuellement, non. Ce modèle est bien fini. C’est maintenant pour prendre les décisions dures et indispensables pour un  avenir humain porteur de sens. Ici, en France et, je l’espère, en Europe, puis partout dans le monde au nom des vertus universelles qui inspirent la France et les Français.

La 1° décision concerne la gangrène totalitaire des marchés financiers et indirectement les oligarchies mafieuses. Il y a dans le monde 70 paradis fiscaux[1]. Ces paradis sont la marque extérieure de leur pouvoir, le premier bastion à abattre pour arrêter la course infernale vers l’extinction des richesses réelles et de la vie. Etes-vous prêt, vous, Président, à partir en guerre contre eux plutôt que d’appuyer les guerres qui datent d’une autre époque ?

La 2° décision concerne l’éducation. Le paquebot de l’éducation nationale prend l’eau de toute part. Il se traîne de plus en plus lamentablement et la moindre houle le fait tanguer dangereusement Etes-vous prêt, vous, Président, à vous appuyer progressivement sur des minorités agissantes, de petites structures indépendantes et originales qui se caractérisent par la motivation et l’engagement dans leurs actes, pour réformer réellement le mode d’éducation et retrouver l’art d’apprendre à apprendre ?

La 3° décision est en rapport avec l’urgence de protéger, conserver et développer les patrimoines qu’ils soient culturels ou naturels. Elle s’articule avec la 2° décision. Etes-vous prêt, vous, Président, à créer 200 centres de protection et développement du patrimoine et de la nature, accueillant chacun 50 salariés et 150 jeunes par période de 6 mois ? Les missions de ces centres seraient avant tout concrètes et pratiques. Dans leur gestion, il faudrait veiller à limiter au maximum les taches administratives et l’aspect technocrate. La créativité, la capacité à gérer les imprévus, la capacité à rendre complètement autonomes ces centres, la capacité à répondre aux urgences de protection seraient les marques de prestige de ces centres. Parmi les 150 jeunes de passage, tous ne seraient pas issus de la formation d’un an dans les maisons de vie (voir 4° décision).

La 4° décision concerne l’aide à la conscience de l’unité dans la diversité notamment chez les jeunes générations, la promotion des valeurs d’intégrité, de responsabilité et de volontariat. Etes-vous prêt, vous, Président, à mettre en place des maisons de vie au cœur des villes et des campagnes ? Ce serait 4 à 10 maisons par départements, avec, pour les maisons en campagne, de larges espaces verts. A la manière des tours de France des ouvriers compagnons, 60 jeunes seraient de passage pendant 3 mois apportant leurs énergies et enthousiasmes en échange de savoirs faire et être de plus anciens ayant fait leur preuve dans les domaines artistiques, culturels, scientifiques, religieux, agricoles, etc…. Chaque maison aurait pour mission d’obtenir son autonomie sur tous les plans en respectant la biodiversité et la nature. Chaque jeune pourrait ainsi passer par 4 lieux en un an pour ensuite proposer bénévolement ses services pendant 6 mois dans les centres du patrimoine et de la nature. Votre rôle serait aussi d’inciter les autres pays, en commençant par l’Europe, à faire de même et s’ouvrir à ce réseau.

La 5° décision concerne le mode de vie de vos concitoyens. Beaucoup trop sont entassés dans les villes et les zones urbaines. Tous ces tassements sentent le brûlé. Ca pue et c’est malsain ! Etes-vous prêt, vous, Président, à favoriser réellement le retour aux campagnes en mettant en places des bourses gagnant/gagnant tant pour les nouveaux locataires que les propriétaires pour faciliter l’occupation des maisons existantes dans les campagnes et en parallèle détaxer et subventionner des activités vertes en circuits courts et respectueux de l’environnement ?

La 6° décision concerne la valorisation de l’artisanat et des arts. Etes-vous prêt, vous, Président, à abandonner pour un temps les impôts et taxes qui pèsent sur ces domaines en leurs demandant en retour les preuves de leurs activités concrètes et d’une reconnaissance locale ?

La 7° décision concerne le rôle de la justice et de la police. Etes-vous prêt, vous, Président, à garantir à tous les échelons une réelle indépendance de la justice ? Etes-vous prêt, vous, Président, à restructurer la police pour qu’elle soit à la fois proche du terrain donc non anonyme et transparente, et à contrôler cette police par un organisme associatif proche des citoyens faisant remonter à la justice toutes anomalies constatées ?

La 8° décision concerne le rapport au pouvoir, notamment de celui des oligarchies, des politiques, du réseau des grandes écoles, des juges et de la police. Etes-vous prêt, vous, Président, à métamorphoser l’accès et le maintien au pouvoir économique, politique et légal ? En réduisant drastiquement les revenus obtenus par ces fonctions, en imposant un écart plancher entre salaire minimum et maximum, en interdisant le cumul des fonctions sauf si les personnes le font bénévolement avec comme moteur le bien collectif, en sanctionnant toute faute proportionnellement au niveau des responsabilités et des conséquences de ses actes ?

La 9° décision concerne le désarmement et la production d’armes. Etes-vous prêt, vous, Président, à faire le premier pas pour un désarmement progressif tant au niveau des nations que des individus pour aller vers des seuils contrôlables et aux effets supportables à l’échelle de la planète ? Etes-vous prêt, vous, Président, à proposer aux entreprises de l’armement une reconversion progressive vers les secteurs utiles dans les temps à venir (construction bioclimatique, développement des énergies vertes, calcul d’optimisation des territoires : modéliser les équilibres harmonieux aux échelles micro et macro entre l’homme, la nature et le vivant) ?

La 10° décision concerne le nucléaire. Sur les 58 réacteurs nucléaires que comptent la France, au moins un devrait être le théâtre d’une catastrophe majeure façon Fukushima ou Tchernobyl dans les deux décennies à venir. La Russie , la Chine et un autre pays parmi les 29 autres potentiels, devraient subir le même sort. Ces affirmations sont issues d’un pressentiment, mais aussi d’un questionnement à une vingtaine d’étudiants ayant entre 20 et 30 ans. Etes-vous prêt, vous président, à endosser la responsabilité d’une zone vidée de sa population grande au moins comme une région ? Etes-vous prêt à voir la France bannie des flots de vacanciers ? Etes-vous prêt à salir pour longtemps ce qui fait l’âme de la France, la beauté dans sa diversité ?

Mais vous, Président, vous savez que déclencher de telles réformes ne serait pas accepté par ceux qui ont réellement le pouvoir. Etes vous prêt, vous, Président, à favoriser des brèches, des petits trous de souris pour que ces 10 décisions, associées organiquement, se diffusent petit à petit dans le corps social ?

[1] Article d’Alexandre Sulzer dans le journal «  20 minutes » du 28 février 2008.

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Un projet de vie

En ce début du XXI° siècle, constatant que nous vivons l’enjeu d’un « triple changement » :

–       Changement d’ère, besoin d’une humanité plus humaine;

–      Changement d’aire, les problèmes qui se posent sont à résoudre à l’échelle planétaire et locale;

–       Changement d’air, les questions d’écologie, d’environnement et de rapport à la nature nous amènent à nous ré enraciner dans nos terroirs locaux avec ses lois et ses rapports au temps .

L’anthropolitique en tant que processus d’accompagnement et pour s’adapter aux enjeux du triple changement propose un projet de vie :

Ce projet de vie concerne deux populations aujourd’hui séparées : les citadins et les ruraux. Il s’agirait de créer un double mouvement pour s’orienter dans un changement d’ère et qu’une greffe prenne :

Un premier mouvement venant de citadins faisant l’effort de changer leur mode de vie de l’intérieur (il s’agit fondamentalement d’oser la quête d’équilibre entre vie prosaïque et vie poétique) et investissant du temps et des moyens dans la formalisation de projets éco-ruraux.  Dans ce changement de vie, il est d’abord capital que chacun trouve, retrouve, sa part poétique, son « don » naturel.

Un deuxième mouvement venant d’agriculteurs et d’hommes de la terre capable de renouer avec leur générosité naturelle pour accueillir ces citadins et capable de retrouver la patience qui les caractérisait pour former les citadins à la campagne et aider à les ré enraciner dans un terroir. Ce sont ces hommes de la terre qui sauront faire germer les graines citadines. Ils auront eux aussi à apprendre et à reconnaître qu’ils ont perdu leur artisanat et leur folklore et donc leur fertilité culturelle. Ils ont besoin de la greffe des citadins, ils ont eux aussi à réapprendre.

Pour que la greffe prenne pour un scénario de vie viable dans le futur, l’anthropolitique propose une démarche en trois étapes préliminaires :

1/ Un examen de conscience

2/ Se préparer à un changement de vie

3/ Formaliser l’orientation de changements de vie en projets concrets.

Première étape, un examen de conscience : pour les citadins comme pour les ruraux, cela consisterait grâce à des rencontres, des échanges, des lectures et un temps conséquents de réflexion personnelle, à comprendre que notre mode de vie et ses moteurs ne sont plus viables et étouffent les vrais moteurs de vie tant au niveau collectif qu’individuel. Pour les agriculteurs et habitants des campagnes, il faudrait particulièrement arrêter de voir les nouveaux venus sur leurs terres comme des étrangers ou des personnes à plumer. En d’autre terme, sortir de l’indifférence ou/et d’un rapport intéressé envers les citadins.

Après la compréhension de sa propre situation et celle du monde, il faudrait passer à l’acceptation : l’acceptation qu’on est accroché, addict (pour reprendre un terme à la mode) à des choses futiles, mercantiles et superficielles. L’acceptation qu’on est d’une certaine façon pollué, pas seulement physiquement mais psychiquement et mentalement du mode de vie ambiant, d’habitudes dégradantes qui alourdissent et désensibilisent à ce qui est subtil, poétique et fraternel.

Pour ces deux phases d’examen de conscience passant par la compréhension et l’acceptation, l’entraide avec des échanges tendant vers toujours plus de sincérité nous semble la clé pour que les rencontres avec soi-même ne se soldent pas par un abandon face à la tache que représente ces changements intérieurs. C’est là que des activités en rapport avec les changements d’aire (résoudre des problèmes à l’échelle du monde à travers des actions d’ONG par exemple) ou d’air (actions écologiques, actions d’entraides, travail avec des agriculteurs et des ruraux) sont particulièrement appropriés pour rencontrer des personnes partageant ce type d’aspiration et certainement plus aptes à vivre les échanges préfigurant un changement d’ère.

La deuxième étape serait de commencer à agir dans le sens de ce qu’a fait émerger l’examen de conscience, essentiellement la préparation à un changement de vie

Pour amorcer un changement de vie, en règle générale cela demande du temps. La table rase est rarement adaptée et peu conforme au changement d’ère qui demande de semer des graines et comme le jardinier, les arroser patiemment, entretenir ce jardin. Le spectaculaire n’est pas de mise dans cette étape. On pourrait penser que les ruraux sont mieux lotis pour cette étape,ce n’est pas sûr. Il y a trop longtemps que la plupart ne respectent plus la nature et ses cycles. Eux aussi auront à prendre sur eux et ré expérimenter la patience et l’amour des belles choses et bien faites. Il ne s’agit pas d’un retour à la campagne de la fin du XIX° siècle et la vie qui va avec, ce serait alors en partie un échec. Cette deuxième étape serait plutôt une phase féconde et expérimentale d’essais et partages pour que le meilleur du monde moderne se mette au service du vivant et de la nature et que ce qu’il reste des racines et terroirs, alimentent l’imaginaire des citadins. Il s’agit d’obtenir une symbiose, à titre expérimental, entre ce que peuvent s’apporter mutuellement les citadins et les ruraux.

Enfin la troisième étape préliminaire serait de formaliser ces changements de vie en projets concrets tant au niveau individuel que collectif. En effet, quand les citadins et les ruraux auront appris à se connaître et s’apprécier dans leurs différences, quand leurs finalités seront claires et partagées, alors pourront naître quelques réels essais de nouveaux villages, voir un seul. Ce qui comptera avant de lancer les choses à une plus grande échelle (un réseau de nouveaux villages), c’est d’avoir pu cumuler des expériences sur ce qui est valable et moins valable et éviter des erreurs et des impasses à répétition qui pourraient faire mourir le projet prématurément.

Qu’est-ce que l’anthropolitique ?

Ce mot « anthropolitique » est tiré des écrits d’Edgar Morin. L’Anthropolitique résume l’idée d’un monde, d’une société et d’une nature où l’humain est conscient de la nécessité de se remettre en cause et d’évoluer constamment. Il répond aux défis de son temps et à son rôle d’humaniste en étant capable de concilier ses aspirations avec celles de l’ensemble du vivant et des croyances. Notre monde globalisé, complexe et en accélération constante réduit les perspectives de vie à l’immédiat.

L’anthropolitique, en cherchant à rappeler à l’homme ses responsabilités et ses aspirations, en promouvant l’art de la dialogique (les contradictions ne s’annulent pas mais en se mesurant peuvent s’enrichir et les contraires sont indissociables. Les échanges ne visent pas nécessairement à une synthèse unifiante mais plutôt à dévoiler les impasses et les solutions d’un temps tout en ayant conscience que les « vérités » et les « erreurs » évoluent avec le temps), contribue à l’émergence de reliances et résiliences au coeur de chacun et fait naitre la conscience que tout ce qui nous est étranger et qu’on ne comprend pas fait en réalité parti de nous. En osant faire des liens et des ponts avec cet « étranger », une autre vie s’envisage, un autre avenir.

Il ne s’agit ni d’un parti (par essence l’anthropolitique ne peut être une partie car elle s’adresse à tous les hommes sans distinction), ni d’une religion, ni d’une science, mais bien un pari d’association pour promouvoir et faciliter les liens entre ceux qui aspirent à une telle vision. L’anthropolitique se traduit par un processus d’accompagnement pour permettre de concilier le futur à venir et notre vie quotidienne.

Et l’enfant de dire : « C’est compliqué ce que vous voulez faire !! »

« Non, dit le tisserand, ce n’est pas compliqué, c’est complexe. Au début tous ces fils qui s’entrecroisent, mais derrière, l’image du tapis qui relie ensemble tous ces fils et révèlent l’image ».

Redécouvrir cette trame invisible mais bien réelle où les choses sont tissées ensemble.

Dans le cadre de l’anthropolitique, 4 grands thèmes sont développés :

–        Tenter d’éclairer les grandes questions atemporelles,

–        Dégager une prospective tant au niveau individuel que collectif,

–        Dévoiler les ombres qui défilent sur l’écran de la caverne et leurs producteurs,

–        Faire partager des expériences innovantes et motivantes au présent et pour les temps à venir.